Son teckel à poil dur élevé en Charente décroche la médaille d’or au Salon de l’agriculture 2026

Une petite chienne de Charente qui monte à Paris et décroche l’or au Salon de l’agriculture 2026. Rien que cette image donne le sourire. Et si cette histoire allait un peu changer votre regard sur les teckels à poil dur, sur les élevages familiaux, et même sur la façon de choisir un chien de race ?

Une teckel charentaise qui fait chavirer le Salon de l’agriculture

Elle s’appelle Tamara du domaine de Val’ Bonnieure. Elle a trois ans et demi. C’est une teckel standard à poil dur élevée à Suaux, près de Chasseneuil, en Charente. Et elle vient de décrocher la médaille d’or dans sa catégorie au Salon de l’agriculture 2026.

Son éleveuse, Marie-Cécile Texier, ne s’en cache pas. Elle est fière, émue, un peu sonnée aussi par cette victoire. On la comprend. Paris, les projecteurs, le bruit du Salon, les centaines de chiens, les juges, le public. Et au milieu, cette petite chienne rustique qui reste calme, concentrée, bien dans ses pattes.

Ce n’est pas un simple « joli chien ». Tamara a été sélectionnée puis préparée. Elle a d’abord obtenu sa qualification lors de la nationale d’élevage en Alsace, en juillet précédent. Sans cette étape, pas de Salon de l’agriculture. Cela montre déjà un point important. Derrière une médaille, il y a du travail, des déplacements, des frais, et beaucoup de passion.

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Un concours de beauté… beaucoup plus strict qu’il n’y paraît

On pourrait croire qu’un concours de beauté canine, c’est juste un chien bien brossé qui défile. En réalité, c’est beaucoup plus technique. Pour Tamara, le jury se composait notamment d’un spécialiste de la race et d’un vétérinaire. Deux regards très différents. Et une exigence commune.

La teckel a été examinée « sous toutes les coutures ». Les juges ont contrôlé :

  • ses dents, pour vérifier l’alignement et la dentition complète,
  • sa poitrine, qui doit être suffisamment développée,
  • ses aplombs, c’est-à-dire la position des pattes,
  • son dos, point très sensible chez le teckel, à cause des risques de hernie discale,
  • sa démarche, lors de quelques mouvements en laisse.

Le but n’est pas juste de choisir le chien « le plus mignon ». Le but est de repérer celui qui se rapproche le plus du standard officiel de la race. Un standard qui décrit la forme de la tête, la longueur du corps, la texture du poil, l’expression du regard, le caractère attendu. Un peu comme une fiche d’identité idéale.

Quand Tamara gagne, cela veut dire une chose simple. Elle représente, aux yeux des juges, une version très aboutie du teckel à poil dur standard. Ni plus, ni moins.

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« Je ne fais que du bon et du beau » : une philosophie d’élevage

Marie-Cécile le dit clairement. Dans son élevage de Suaux, elle veut du « bon et du beau ». L’ordre a son importance. Le « beau » pour les concours, le « bon » pour la santé et le tempérament. Parce qu’un chien parfaitement dans le standard, mais peureux ou fragile, n’a pas vraiment d’avenir heureux.

Dans le cas de Tamara, les qualités sont doubles. Physiques, pour le concours. Mais aussi des qualités de chasse. Le teckel à poil dur n’est pas qu’un chien de canapé. C’est à l’origine un petit chien de chasse, courageux, opiniâtre, utilisé pour le terrier, le sanglier, le chevreuil, selon l’éducation reçue.

Un bon élevage de teckels, ce n’est donc pas juste de jolis pedigrees. C’est un équilibre entre :

  • la santé (tests, suivi vétérinaire, alimentation adaptée),
  • le caractère (chien stable, sociable, pas agressif),
  • la conformité au standard (pour préserver la race),
  • et, si possible, les aptitudes de travail (broussailles, olfaction, mental).

Cette médaille d’or montre que le travail mené à Suaux va dans ce sens. Une petite structure familiale, mais un haut niveau d’exigence. Et cela, pour un futur adoptant, cela compte énormément.

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Une éleveuse double-vie : comptable le jour, passionnée de chiens toujours

Autre détail qui intrigue. Marie-Cécile n’est pas éleveuse à plein temps. Elle est aussi comptable. Un métier qui n’a, en apparence, rien à voir avec les chiens. Pourtant, ces deux vies se nourrissent.

D’un côté, la rigueur, l’organisation, la précision des chiffres. De l’autre, la patience, la présence, l’affection pour les chiots et les adultes. Elle travaille en collaboration avec son mari, Damien. Ensemble, ils gèrent leur petit élevage de teckels à poil dur à Suaux, avec leurs quatre chiens de base.

Cette double activité montre une réalité souvent méconnue. Beaucoup de bons éleveurs en France ont un autre métier. L’élevage, chez eux, n’est pas une usine, mais un choix de vie. Ils préfèrent peu de portées, mais bien suivies. Moins de chiots, mais mieux socialisés. Cela se ressent ensuite dans le comportement des chiens chez leurs familles adoptives.

Faut-il choisir un teckel à poil dur comme chien de famille ?

En lisant cette histoire, vous vous dites peut-être : et si mon prochain chien était un teckel à poil dur ? La question est légitime. Mais ce n’est pas une race pour tout le monde. Alors, posons les choses clairement.

Les grands atouts du teckel à poil dur :

  • un chien compact, facile en appartement si vous sortez suffisamment,
  • un caractère vif, drôle, très attachant,
  • un poil dur qui demande peu de bain mais un épilation (trimming) régulière,
  • une vraie personnalité, ni fade ni éteinte, qui fait rire au quotidien.

Les points à bien accepter avant d’adopter :

  • un tempérament parfois têtu. Il faut une éducation ferme mais douce,
  • un instinct de chasse présent. Le rappel peut demander du travail,
  • un dos sensible. Il vaut mieux éviter les escaliers et les sauts répétés,
  • un besoin réel de balades et de stimulation mentale.

Si vous voulez principalement un chien calme, très obéissant, qui ne discute jamais, vous risquez d’être surpris. Le teckel débat, réfléchit, teste. Mais si vous aimez les chiens avec du caractère, un peu clown, très proche de leur humain, le teckel à poil dur peut devenir un compagnon inoubliable.

Comment repérer un « bon et beau » teckel comme Tamara ?

Bien sûr, tout le monde ne va pas adopter un futur champion. Et heureusement. Un chien n’a pas besoin d’une médaille pour être exceptionnel dans votre vie. Mais vous pouvez vous inspirer de ce qui a fait le succès de Tamara pour choisir votre élevage.

Voici quelques repères simples :

  • l’éleveur vous parle de santé avant de parler de couleur de poil,
  • les parents sont visibles, , pas craintifs,
  • les chiots vivent dans la maison ou au moins très proches de la famille,
  • on vous pose des questions sur votre mode de vie. Ce n’est pas une simple transaction,
  • l’éleveur ne promet pas un chien « parfait », mais explique les qualités et limites de la race.

Un élevage qui gagne une médaille au Salon de l’agriculture n’est pas nécessairement le seul bon choix. Mais cela peut être un signal sur le sérieux du travail mené, surtout si cette réussite s’inscrit dans la durée et s’accompagne de chiens heureux dans leurs familles.

Ce que l’histoire de Tamara dit de nos campagnes… et de nous

Au fond, cette médaille d’or n’est pas seulement l’histoire d’un chien. C’est aussi celle d’un territoire rural, la Charente, qui brille à Paris. Celle d’un couple qui concilie métier « classique » et passion animale. Celle d’une race longtemps vue comme un petit chien drôle à la télévision, mais qui reste un vrai chien de travail.

Dans un monde où tout va vite, voir une éleveuse charentaise prendre le temps de façonner, année après année, une lignée « bonne et belle », a quelque chose d’apaisant. Cela rappelle que derrière chaque chien bien dans sa peau, il y a des choix réfléchis. De l’engagement. Des nuits écourtées pour les mises bas. Des kilomètres avalés pour les expositions.

Alors, la prochaine fois que vous croiserez un teckel à poil dur dans la rue, vous penserez peut-être à Tamara. À son dos bien droit, à son regard vif, à sa démarche assurée sur le ring parisien. Et vous vous demanderez, peut-être, si, vous aussi, un jour, vous laisserez entrer un petit « basset allemand » dans votre vie.

Nicolas Beaufils
Nicolas Beaufils

Nicolas Beaufils est comportementaliste animalier diplômé et titulaire d’un master en éthologie appliquée de l’université de Rennes 1. Après plus de 12 ans passés entre cliniques vétérinaires et refuges SPA, il accompagne les foyers dans l’intégration harmonieuse de leurs animaux au quotidien. Passionné par la place des animaux dans nos modes de vie modernes, il s’intéresse particulièrement aux logements urbains et aux séjours pet-friendly en France et en Europe. Il collabore régulièrement avec des restaurateurs et hébergeurs pour adapter leurs espaces aux chiens et chats. Sur ce site, il partage expériences de terrain, conseils concrets et décryptages d’actualités pour mieux vivre avec les animaux.

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